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Action Justice Climat expose la ligne éditoriale raciste de CNews

Mai 21, 2026 | Actualités, Alliance des luttes, Lutte contre l’extrême droite, Médias

Crédit : Emma Rachlin @mama_clic

Dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 mai, une vingtaine d’activistes d’Action Justice Climat ont mené une action devant le siège de la chaîne afin de dénoncer sa ligne éditoriale raciste et anti-démocratique. Une banderole portant le message : « CNews : une fréquence publique pour des opinions toxiques” a été déployée devant les locaux de la chaîne, accompagné d’un faisceau lumineux projeté sur la façade du bâtiment avec l’affirmation “Racisme à l’antenne”. 

À travers cette mobilisation non violente, Action Justice Climat dénonce le rôle sciemment joué par CNews, chaîne de l’empire réactionnaire Bolloré, dans la banalisation des idées d’extrême droite et la dégradation du débat démocratique.

La chaîne la plus sanctionnée du paysage audiovisuel

Racisme décomplexé, saisines de l’ARCOM en série, scandales permanents : une seule chaîne vient collectivement à l’esprit, CNews. En décembre dernier, elle se plaçait en première place des chaînes d’information en continu en France. En parallèle, elle est aussi devenue l’une des chaînes les plus sanctionnées du paysage audiovisuel français.

Depuis son rachat par Vincent Bolloré via Canal+ en 2016, alors qu’elle s’appelait encore I-Télé, la chaîne a fait l’objet de dizaines d’interventions et sanctions de l’ARCOM, l’autorité de régulation de l’audiovisuel.

Ces saisines concernent principalement le manque de pluralisme et les incitations à la discrimination et la haine opérés activement par CNews. La chaîne ne respecte pas ses obligations légales, pire, elle les détourne. 

Selon une enquête comparée menée par Reporters Sans Frontières (RSF), CNews procède à une véritable « stratégie de détournement du pluralisme ». Une des méthodes utilisées consiste en un rattrapage nocturne du temps de parole des personnalités de gauche, pour laisser la voie libre à l’extrême droite et ses idées en journée et jouer l’élève modèle devant l’ARCOM. Les émissions de débats étant la spécialité de la chaîne, les angles orientés sur les idées réactionnaires le sont d’autant plus, avec des présentateurs affichant librement leur sympathie pour l’extrême droite.

Tout sauf de l’info

Le problème n’est pas ponctuel : il est structurel. Le rôle de CNews ne se limite pas à relayer des opinions : il participe activement à une polarisation extrême du débat public, où toute nuance disparaît au profit d’oppositions caricaturales. En mettant en scène des affrontements permanents et en réduisant des sujets complexes à des slogans racistes et xénophobes ou des peurs injustifiées, la chaîne alimente une vision du monde simplifiée et propice à la désignation de boucs émissaires. 

Cette mécanique est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans une époque où les formats courts, les réactions à chaud et certains usages de l’intelligence artificielle favorisent les raccourcis au détriment des faits établis et de la recherche scientifique. À force de substituer l’analyse à l’émotion et à la polémique, ces pratiques médiatiques fragilisent les conditions mêmes d’un débat démocratique éclairé, en habituant le public à une information biaisée, partielle et orientée. 

Une menace démocratique bien réelle

La présence même d’une « chaîne d’opinion » sur les canaux de la TNT pose aujourd’hui une question, légale bien sûr, mais aussi démocratique. En effet, le pluralisme des courants de pensée constitue un principe constitutionnel et relève des missions des « chaînes d’information » bénéficiant d’une fréquence publique. Aucune chaîne, possédée par un milliardaire aussi puissant soit-il, ne devrait pouvoir échapper à ces règles.

En 2024, le Conseil d’État avait déjà demandé à l’ARCOM de mieux faire respecter cette obligation sur CNews. Force est de constater que la chaîne est toujours aussi peu pluraliste aujourd’hui.

C’est pourquoi l’action menée consistait à exiger :

  • Des sanctions effectives de l’ARCOM contre CNews pour stopper la diffusion des idées racistes et des ambitions anti-démocratiques portées par l’empire Bolloré.
  • Qu’une chaîne multi condamnée pour non-respect du pluralisme ne puisse plus bénéficier d’une fréquence publique.
Crédit : @jeremstym

Le problème dépasse largement CNews. L’empire médiatique de Bolloré exerce aujourd’hui une influence considérable sur le débat public en France. Cette concentration médiatique permet à un milliardaire de peser massivement sur les idées diffusées dans l’espace public.

À l’approche d’échéances politiques majeures, la banalisation des discours racistes, climatosceptiques et anti-démocratiques constitue une menace directe pour toute perspective de justice climatique, sociale et d’accès égal aux droits pour tous et toutes. Il est donc de la responsabilité de l’ensemble des mouvements – climat, antiracistes, sociaux – de se mobiliser ensemble pour défendre un espace médiatique pluraliste, fondé sur les faits, condition indispensable à une démocratie vivante et à la construction de réponses collectives pour la faire vivre. 

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