Crédit photo : Rémy El Sibaïe
Jeudi 8 octobre 2026, une soixantaine d’activistes d’Action Justice Climat ont bloqué le parvis de l’Assemblée nationale lors d’un die-in pour dénoncer l’inaction climatique du gouvernement et exiger un budget à la hauteur des enjeux d’adaptation et de lutte contre la crise climatique.
Alors que s’ouvrent les discussions autour du Projet de loi finance 2027 au Parlement et qu’un mouvement social inédit à l’initiative des lycéens a pris une ampleur historique, une soixantaine d’activistes d’Action Justice Climat ont bloqué le parvis de l’Assemblée nationale pour rappeler l’urgence climatique et la nécessité de faire converger les luttes sociales et climatiques.
Les militant·es ont bloqué la circulation sur le parvis avant de s’allonger devant l’Assemblée nationale recouvert·es de couvertures de survie. À travers ce die-in, ils ont dénoncé l’impréparation du gouvernement face aux catastrophes climatiques et réclamé des investissements à la hauteur de l’urgence. Cette action a été organisée en réponse directe à l’été de tous les records que nous venons de vivre. L’été 2026 a été marqué par une série de canicules dévastatrices ayant entraîné une surmortalité de plus de 8000 morts, un abandon des services publics (fermeture d’écoles, hôpitaux saturés) et des sécheresses dévastatrices pour les agriculteurs. Des mégafeux d’une ampleur inédite ont ravagé des régions entières et entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes.
Un budget d’austérité qui met nos vies en danger
Que fait notre gouvernement pour répondre à ces événements climatiques extrêmes ? Il réduit toujours davantage les budgets alloués à l’adaptation, en réduisant notamment l’enveloppe de l’Ademe (Agence de la transition écologique). Ce n’est évidemment pas un cas isolé, au contraire, il s’inscrit dans un démantèlement organisé de nos acquis.
Plusieurs reculs environnementaux fragilisent encore notre capacité collective à agir : facilitation des mégabassines, baisse du Fonds vert, diminution des crédits de la mission Écologie, réduction des moyens consacrés à la prévention des canicules et à l’adaptation des écoles…
Dans le même temps, les discours climatosceptiques envahissent nos écrans et les esprits, avec des empires médiatiques dirigés par des milliardaires au service de la droite et de l’extrême droite.
Financer l’adaptation : il faut faire contribuer les responsables de la crise climatique
Un véritable budget climatique doit permettre de protéger les individus et les infrastructures les plus exposées. Cela implique notamment d’investir dans :
- Des logements adaptés aux fortes chaleurs, pour lutter contre les logements bouilloires et les passoires thermiques ;
- Des services publics protégés, notamment les écoles et les hôpitaux, afin de garantir des conditions d’accueil et de travail dignes, même lors des épisodes de plus en plus fréquents de canicule ;
- Des infrastructures essentielles résilientes, comme le réseau ferroviaire et les réseaux d’eau, particulièrement vulnérables aux événements climatiques extrêmes.
Nous savons où se trouve l’argent : les grandes entreprises fossiles et les grandes fortunes doivent enfin passer à la caisse !
Une convergence indispensable des luttes écologiques et sociales
Cette action s’inscrit dans un contexte de mobilisations sociales grandissantes, notamment à l’initiative des lycéen·nes, qui réclament le droit à un présent digne et à un avenir désirable. Action Justice Climat exprime sa solidarité avec les jeunes mobilisé·es et dénonce les réponses répressives opposées à leurs revendications.
Face à l’urgence climatique et aux inégalités sociales, nos combats sont indissociables. La crise climatique aggrave les injustices existantes et frappe d’abord celles et ceux qui ont le moins de moyens pour s’en protéger. Y répondre suppose de défendre à la fois nos conditions de vie, nos services publics et notre avenir commun.
Dans le contexte politique actuel, la convergence du mouvement social est essentielle pour construire un rapport de force capable d’imposer des changements à la hauteur des enjeux.







